Partager l'article ! détours de pierre: Séjour en Haute Vienne, il y a déjà quelques mois. une journée à me laisser guider par les panneaux, les inscr ...
Séjour en Haute Vienne, il y a déjà quelques mois.
une journée à me laisser guider par les panneaux, les inscriptions sur la carte routière.
une journée à flaner de mégalithe en mégalithe.
Dans les monts de Blond dont les ruisseaux ont accueilli mes premières parties de pêche gamin.
Je retrouve la pierre branlante visitée des années auparavant avec mon père. Elle ne bouge toujours pas, mais peut être n'est-ce pas la force physique qui la fait vaciller.
l'excitation gagne, les ombres tremblantes, le soleil qui rechauffe la pierre que j'aimerais sentir vibrer sous mes mains, la lumière qui se joue des ouvertures laissées par les feuilles, les branches et les rochers.
le bois qui dispute à la pierre le droit d'être là et de s'ériger tout en partageant des teintes et des couleurs similaires.
L'atmosphère est belle, les chants d'oiseaux m'accompagnent, les vent dans les feuilles berce. l'errance reprend. tranquille, émerveillée et excitante.
de l'eau enfin, prometteuse.
un lac qui alimente un ruisseau. à moins que ce ne soit l'inverse. et les inscriptions qui font basculer dans une autre réalité, adossées à une vieille maison en pierre.
"rocher des fées"
"le pas de la mule"
l'invitation est tentante, je ne la refuse pas.
bien m'en a pris.
le chemin sillone entre chataigniers et chênes, baigné de cette même lumière tremblante d'un soleil filtré par les feuilles.
et le ruisseau est là, calme avant de se jeter contre un éboulement de granit en grondant légèrement.
il disparait sous les roches pour ressurgir un peu plus loin, en glougloutant.
comme un gamin, les yeux écarquillés, un baton à la main, j'ôte quelques feuilles mortes qui gênent le passage de l'eau entre deux pierres. Il n'y a pas de temps, pas d'âge, juste la joie d'être là, et d'y sentir un peu de Sa maison, sans vraiment savoir de quelle maison il s'agit. c'est juste bon.
Quant au rocher des fées, il surplombe ce chaos de pierres au milieu du lit du ruisseau. Un immense rocher abrite des pierres en demi-cercle. J'avais presque envie d'attendre la nuit pour voir si toutes sortes d'êtres féériques allaient sortir de tous les rochers environnants pour se réunir dans ce lieu, y boire et y danser. la chanson de fol me vient aussitôt.
les sorciers
et les fées dansent sur le coteau
leurs pas brûlants font des huit noirs sous les méteils
ils dansent de la nuit venue au jour nouveau
pour honorer le saint qui nourrit les abeilles
et sept nuits et sept jours ils font la ronde encore
jusqu'au huitième soir où géantes cigales
les fées jouent de la flûte et les sorciers du cor
pour honorer le dieu qui nourrit les étoiles
Mais à la nuit, je suis attendu ailleurs. une autre fois.
j'ai repris mon chemin en croisant quelques pinsons au milieu du chemin. un dernier point sur la carte m'intrigue. un menhir. celui de ceinturat. j'ai lu (bien après) qu'il portait malheur à ceux qui tentaient d'y grimper. je me suis bien gardé de tenter l'escalade. je me contente de contempler sa majesté, à l'abri d'un chêne.
j'en termine avec cette errance entre mondes végétal, minéral et animal, entre pierre et eau, sous le soleil et le vent de pâques.
j'en termine ravi, avec le sentiment de ne pas toucher terre. et d'avoir rêvé, un peu.
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